L'Esprit Éditorial

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La Foi au Travail

1 janvier 2024

Détail architectural où la lumière projette des ombres géométriques sur une surface de pierre polie
Détail architectural où la lumière projette des ombres géométriques sur une surface de pierre polie

« Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes. »

Colossiens 3:23

Le lundi matin met à l'épreuve la foi du dimanche. Entre les réunions tendues, les objectifs chiffrés et les petits compromis de chaque jour, comment rester un homme ou une femme de foi dans un milieu qui ne l'est pas ? La question est vieille comme le travail, mais nos économies de la performance lui donnent un tranchant nouveau.

La première erreur serait de tout cloisonner : la foi d'un côté, pour la vie privée, l'efficacité de l'autre, pour le bureau. Cette vie coupée en deux finit par épuiser. L'Écriture ouvre un autre chemin, et Paul l'adresse justement à des travailleurs sans prestige : Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes.(Colossiens 3:23). Un dossier traité avec soin, une parole honnête au milieu d'une négociation, une vraie attention pour un collègue qui rame : voilà comment le travail le plus banal devient un service rendu au Seigneur en personne.

L'intégrité coûte, disons-le sans naïveté. Refuser un arrangement trouble, défendre un absent dans une conversation, reconnaître une erreur au lieu de la couvrir : ces choix se paient parfois au travail. Ils bâtissent pourtant ce qu'aucun organigramme ne saura mesurer, une cohérence intérieure sans laquelle la réussite elle-même finit par sonner creux.

La sagesse, c'est aussi de connaître ses limites. Vous n'êtes pas le sauveur de votre entreprise, et votre valeur ne se mesure pas à votre productivité. S'accorder des sabbats, une pause déjeuner qui en soit vraiment une, une soirée sans messagerie, un jour de déconnexion chaque semaine, cela n'a rien de la paresse. C'est reconnaître, par des actes, que le monde peut tourner quelques heures sans nous.

Travailler de bon cœur comme pour le Seigneur, ce n'est donc pas fuir le monde professionnel, et ce n'est pas s'y perdre non plus. C'est l'habiter en veilleur, présent et compétent, mais libre. Libre parce que notre valeur ne tient ni au poste ni aux résultats : elle tient à la grâce. Paul enchaîne d'ailleurs au verset suivant : sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur.(Colossiens 3:24). Cette liberté-là, vos collègues la remarqueront bien avant vos convictions.