L'Esprit Éditorial
Comprendre son baptême · Semaine 1 : Un signe, non une cause

Ensevelis avec lui, pour marcher en nouveauté de vie

« Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. »
Romains 6:4

Beaucoup arrivent au baptême avec une question qu'ils gardent pour eux : qu'est-ce que cette eau va m'apporter que je n'aie pas déjà ? La réponse de Paul déplace tout le regard. Le baptême ne fabrique pas une réalité nouvelle, il en est le signe. Il figure et proclame ce qui a déjà eu lieu : notre union avec Christ dans sa mort et sa résurrection. Descendre dans l'eau met en image un ensevelissement ; en remonter figure une résurrection. Le rite ne crée pas l'événement, il le raconte. C'est pourquoi notre propre baptême n'est pas d'abord le jour où nous aurions agi pour Dieu : c'est le jour où nous avons confessé ce que Dieu avait déjà fait.

Le mot grec baptizô décrit le fait de plonger, d'immerger tout entier. L'image est rude, et voulue telle : l'eau qui recouvre fait penser à une tombe. Paul emploie le mot sans reculer : ensevelis avec lui. Or on n'ensevelit que ce qui est déjà mort. Le baptême ne met pas à mort le vieil homme ; il l'enterre au grand jour, parce que cette mort a déjà été signée à la croix, où Christ est mort à notre place. Le geste n'a donc rien d'un départ magique. Il déclare une chose accomplie : ce qui devait mourir est mort en Christ, et une vie nouvelle a commencé. L'eau n'y est pour rien ; tout vient de la puissance de Dieu, celle qui a relevé son Fils.

Il faut le dire nettement, car bien des cœurs sincères s'y trompent : le baptême ne sauve pas. Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.(Éphésiens 2:8) Dès qu'on fait reposer le salut sur un acte accompli, fût-il aussi beau et aussi commandé que le baptême, ce n'est plus la grâce. Le brigand crucifié près de Jésus n'a jamais été baptisé, et Jésus lui a pourtant promis le paradis ce jour-là. Le signe est précieux, le Seigneur l'a voulu, mais il désigne la croix ; il ne la remplace pas et ne lui ajoute rien.

Alors pourquoi ce signe, s'il ne sauve pas ? Parce que Dieu connaît notre chair et qu'il donne à la foi des appuis visibles. Le baptême rend public, devant l'Église et devant le monde, un attachement du cœur qui resterait sinon caché. Il inscrit dans une mémoire une date précise, celle du oui dit à la grâce. Et il annonce par avance le sens de toute une vie : marcher en nouveauté de vie. Il n'est pas la source ; il oriente. Sans produire la vie nouvelle, il lui donne sa direction, comme un panneau planté au départ d'un long chemin.

Cette semaine, relis ta propre histoire à la lumière de ce verset. Si tu as été baptisé, ce jour-là ne t'a pas rendu enfant de Dieu par magie ; il a attesté que la grâce t'avait déjà rejoint. Rends-en grâce, et laisse ce sens éclairer aujourd'hui : tu n'es pas appelé à gagner une vie nouvelle, tu es appelé à marcher dans celle qui t'a été donnée. Choisis un point bien concret où cela peut se voir ces jours-ci, une habitude à laisser au tombeau, un pas de vie à poser. Non pour te sauver : parce que tu l'es déjà.

Père, merci : mon salut ne repose pas sur mes gestes, mais sur l'œuvre achevée de ton Fils. Garde-moi de chercher dans un rite ce que ta grâce seule peut donner. Que le signe de mon baptême me redise chaque jour que je suis mort et ressuscité avec Christ, et fais-moi marcher en nouveauté de vie, par la seule puissance de ton Esprit. Amen.

Prière

Père, merci : mon salut ne repose pas sur mes gestes, mais sur l'œuvre achevée de ton Fils. Garde-moi de chercher dans un rite ce que ta grâce seule peut donner, et fais-moi marcher en nouveauté de vie. Amen.