L'Esprit Éditorial
Comprendre son baptême · Semaine 2 : Morts et ressuscités avec Christ

Ressuscités par la foi en la puissance de Dieu

« ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts. »
Colossiens 2:12

Il y a une expression que Paul répète dès qu'il parle du chrétien : avec lui. Ensevelis avec lui, relevés avec lui, tenus en lui. Le cœur du baptême n'est ni l'eau ni même notre décision : c'est cette union avec Christ. Ce qui lui est arrivé nous est porté au compte. Sa mort devient notre mort au péché, sa résurrection notre entrée dans la vie. Nous ne sommes pas des spectateurs reconnaissants postés devant la croix ; la grâce nous y a joints. Le baptême met en scène cette solidarité que seule la foi saisit : je ne me tiens pas à côté du Ressuscité, je suis en lui.

Remarque avec quelle précision Paul ferme la porte à toute illusion de mérite. Nous sommes relevés par la foi en la puissance de Dieu. Ce n'est pas l'intensité de notre foi qui agit, comme si croire très fort déclenchait un mécanisme ; c'est la puissance de Dieu, celle-là même qui a tiré Jésus du tombeau. La foi n'est pas le moteur, elle est la main vide qui reçoit. Elle ne se regarde pas elle-même, elle regarde son objet, le Dieu qui ressuscite les morts. Une foi faible accrochée à un grand Sauveur sauve ; une foi vigoureuse accrochée à elle-même s'épuise. Tout le poids repose sur lui, et quel soulagement.

Cette union avec Christ répond à une question que beaucoup portent en silence : suis-je vraiment tenu, moi qui trébuche si souvent ? Le baptême y répond sans détour. Ce qui me tient n'est pas la fermeté de ma prise sur Dieu, mais la solidité de la sienne sur moi en Christ. Le bras qui a relevé Jésus du tombeau me relève à mon tour et me garde. Ma vie, écrit Paul un peu plus loin, est cachée avec Christ en Dieu. Ce qui est caché là, nul ne peut l'atteindre. L'assurance du croyant ne se mesure pas à ses performances ; elle tient au lieu où sa vie est désormais rangée, en Christ, hors de portée.

Faut-il pour autant se croire arrivé ? Non. Être ressuscité avec Christ ne supprime pas le combat, il le fonde. C'est justement parce que nous sommes unis au Vivant que nous avons de quoi lutter contre ce qui reste de mort en nous. Jamais Paul ne dit : vous êtes ressuscités, donc reposez-vous. Il dit : vous êtes ressuscités, donc cherchez les choses d'en haut. L'union avec Christ n'est pas un oreiller pour la paresse, c'est une sève qui monte dans la marche. La sainteté ne s'achète pas pour obtenir la vie ; elle jaillit de la vie déjà reçue, comme le fruit vient de la racine, jamais l'inverse.

Cette semaine, entraîne-toi à prêcher cette vérité à ton propre cœur. Quand la condamnation revient te souffler que tu n'es pas à la hauteur, oppose-lui un fait : je suis mort avec Christ, je suis ressuscité avec lui, et ma vie est cachée en Dieu. Prends trente secondes chaque matin : au lieu de ressasser ce que tu devrais devenir, rappelle-toi ce que tu es déjà en lui. Et laisse cette identité reçue déboucher sur du concret : pardonne en homme gracié, sers en vivant, espère en quelqu'un que la puissance de la résurrection habite déjà.

Seigneur, merci de m'avoir uni à ton Fils, au point que sa mort soit ma mort et sa vie ma vie. Quand ma foi vacille, rappelle-moi qu'elle ne s'appuie pas sur elle-même, mais sur ta puissance, celle qui a vaincu le tombeau. Garde ma vie cachée en Christ, et fais-la porter le fruit de celui qui vit désormais. Amen.

Prière

Seigneur, merci de m'avoir uni à ton Fils, au point que sa mort soit ma mort et sa vie ma vie. Quand ma foi vacille, rappelle-moi qu'elle s'appuie sur ta puissance qui a vaincu le tombeau, et non sur elle-même. Amen.