L'Esprit Éditorial
L'Avent : Préparer le Cœur à Noël · Semaine 1 : L'attente des prophètes

Un enfant nous est né

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. »
Ésaïe 9:5

Bien avant la nuit de Bethléhem, un prophète a parlé dans le noir. Ésaïe écrit à un peuple qui marche dans les ténèbres, menacé et découragé, et il ose annoncer une lumière que ses yeux ne verront pas. C'est cela, l'Avent avant l'Avent : espérer sur la seule parole de Dieu. Regardez le temps des verbes : « un enfant nous est né ». Il n'écrit pas qu'un enfant « naîtra » un jour, dans un futur vague ; il parle au présent, avec une certitude qui étonne. Pour la foi, la promesse de Dieu est si sûre qu'on peut en parler comme d'une chose déjà arrivée.

« Un fils nous est donné. » Tout tient dans ce mot : donné. L'enfant de Noël n'est pas une conquête de l'homme religieux, ni le fruit de nos efforts pour mériter le ciel. Il est offert. La première attitude de l'Avent n'est donc pas de courir ni de tout organiser, mais de tendre les mains vides pour recevoir un don. Nous vivons souvent Noël comme une fête à réussir ; l'Écriture nous invite d'abord à l'accueillir comme une grâce à recevoir.

Puis Ésaïe accumule les noms, comme si les mots lui manquaient pour dire qui vient : « Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » Le premier, en hébreu, pele, désigne ce qui dépasse l'entendement et provoque l'émerveillement. Ces titres sont trop grands pour un simple roi humain. Le prophète pressent, sans tout saisir, que celui qui vient sera Dieu lui-même au milieu des siens. L'enfant de la crèche ne sera pas seulement envoyé par Dieu ; il sera Dieu venu habiter notre nuit.

Et « la domination reposera sur son épaule ». Nous savons maintenant de quelle épaule il s'agit : celle qui portera une croix. Le règne de ce roi ne s'imposera pas par la force des armes ; il viendra par le don de sa vie. Le Prince de la paix ne pacifiera pas le monde en écrasant ses ennemis ; il le fera en se laissant écraser pour eux, une fois pour toutes. L'attente des prophètes trouve là un accomplissement que nul n'attendait : la lumière promise est un enfant, et ce roi de gloire commence sa route dans une mangeoire.

Cette semaine, entrez dans l'Avent à la manière des prophètes : en réapprenant à attendre. Notre époque déteste attendre ; elle veut tout, et tout de suite. Choisissez chaque jour un moment pour relire lentement cette promesse et laisser monter en vous le désir de Celui qui vient. N'essayez pas de tout régler pour un Noël parfait ; commencez par tendre les mains. Car avant d'être une fête à préparer, Noël est un Fils qui nous est donné.

Prière

Dieu fidèle, avant même de te voir, les prophètes t'ont espéré sur ta seule parole. Apprends-moi à attendre ainsi, les mains ouvertes. Je ne veux pas courir vers un Noël à réussir, mais accueillir ton Fils qui m'est donné. Toi, Prince de la paix, viens dans ma nuit et fais grandir en moi le désir de ta venue. Amen.