L'Esprit Éditorial
La Grâce, de A à Z : Comprendre l'Évangile · Semaine 1 : Le péché, la Loi, et l'aube de la grâce

Le diagnostic et le don

« Car le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. »
Romains 6:23

L'Évangile ne s'ouvre pas par un compliment. Il s'ouvre par un diagnostic. Nous aimerions qu'il commence par nos qualités et nos efforts, par tout ce que nous croyons avoir mérité ; il commence par une vérité que nous cherchons plutôt à contourner. On ne se réjouit pas d'un cadeau tant qu'on n'a pas compris à quel point il nous manquait. Cette semaine, nous ne fuirons pas cette vérité, nous la regarderons bien en face, car c'est là, justement, que la grâce vient nous rejoindre. Le médecin qui refuse de nommer la maladie ne peut offrir aucun remède ; le Dieu qui nomme notre péché est celui-là même qui, dans la même phrase, nous tend la vie éternelle.

Le mot que le Nouveau Testament emploie pour « péché », en grec hamartia, veut dire littéralement « manquer la cible ». Le péché n'est donc pas qu'une liste de fautes à cocher : c'est une visée faussée, une vie qui a perdu son centre et qui, tendue à côté de Dieu, manque le but pour lequel elle avait été faite. Voilà pourquoi l'Écriture n'épargne personne : Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.(Romains 3:23) Ce n'est pas pour nous écraser, mais pour nous ranger tous, sans exception, à la même place, devant la même grâce.

Devant ce constat, beaucoup se tournent d'instinct vers la Loi : faire mieux, se reprendre, tenir enfin ses promesses. La Loi est sainte, juste et bonne, mais elle est un miroir, pas un remède. Elle désigne la blessure avec une précision presque cruelle, et jamais elle ne la referme. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi.(Galates 3:24) Son rôle n'a jamais été de nous sauver, mais de nous conduire, épuisés d'avoir voulu nous justifier nous-mêmes, jusqu'aux pieds du seul qui puisse sauver.

Et c'est là que la phrase du jour bascule, sur un mot minuscule et pourtant immense : « mais ». Car le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur.(Romains 6:23) Un salaire, cela se gagne et se calcule ; un don, cela se reçoit, les mains ouvertes et vides. Tout l'Évangile tient dans cet écart : nous cessons de compter nos heures de travail devant Dieu pour recevoir ce qu'aucune heure ne pourra jamais payer. La grâce n'est pas un salaire revu à la hausse, c'est un cadeau. Dès l'instant où le salut reposerait sur l'un de nos faire, « ce n'est plus la grâce ».

Alors cette semaine, laissez le diagnostic faire son œuvre sans vous y noyer : il n'est pas la dernière ligne, seulement l'avant-dernière. La dernière, la seule qui reste grande ouverte devant vous, c'est un don gratuit « en Jésus-Christ notre Seigneur ». Nous avançons vers lui, non pour lui présenter nos mérites, mais pour tendre des mains vides et les découvrir remplies.

Prière

Père, je dépose devant toi l'illusion de me sauver tout seul. Je reconnais que j'ai manqué la cible et que jamais je ne pourrai gagner ta vie. Merci : à mon péché, tu ne réponds pas par une facture, mais par un don, en Jésus-Christ. Ouvre mes mains cette semaine, que je cesse de vouloir mériter et que j'apprenne enfin à recevoir. Amen.