L'Esprit Éditorial
La prière du Notre Père, ligne à ligne · Semaine 2 : Ton règne, ta volonté

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite

« que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »
Matthieu 6:10

Après avoir tourné les yeux vers le nom du Père, Jésus les oriente vers son projet : « Que ton règne vienne ». Prier ces mots, c'est reconnaître que le monde n'est pas encore ce que Dieu veut, et se mettre à le désirer autrement. Quand Jésus parle de règne, il ne vise pas d'abord un territoire ; il vise la royauté vivante de Dieu, qui s'établit là où on le reconnaît pour Roi. Demander qu'elle vienne, c'est demander que Dieu règne partout où son autorité reste contestée, jusque dans ce cœur rebelle qui est le nôtre. Il y a là une prière brûlante, presque révolutionnaire. Elle appelle un bouleversement, et le premier visé, c'est celui qui la prononce.

Cette demande a deux versants qu'on ne peut pas séparer. Le règne vient à la fin, le jour où Christ reviendra et où toute langue le confessera pour Seigneur ; et il vient déjà, chaque fois qu'aujourd'hui un cœur se rend à lui. Prier pour sa venue, c'est donc tendre vers l'horizon du retour et, dans le même souffle, ouvrir sa propre vie sans attendre. Comment demander sincèrement que Dieu règne partout si l'on refuse qu'il règne chez soi ? La prière engage celui qui la dit : loin d'être un vœu formulé pour le monde en général, elle est une reddition personnelle, et elle commence dans le secret.

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Voilà peut-être les mots les plus difficiles de toute la prière, parce qu'ils remettent le gouvernail à un autre. Nous venons souvent à Dieu nos plans déjà écrits, en espérant qu'il les signe. Jésus nous apprend l'inverse : présenter nos désirs, oui, puis les déposer sous une volonté plus grande et plus sage que la nôtre. Ce n'est pas se résigner ; c'est faire confiance. Jacques nous invite à dire, sur nos projets, un « si Dieu veut » qui, loin de brider nos élans, les confie à Celui qui voit ce que nous ne voyons pas. La volonté de Dieu ne menace pas notre vie ; elle est le meilleur endroit où la poser.

Personne n'a prié ces mots plus à fond que Jésus. À Gethsémané, devant la coupe de la croix, il a dit : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.(Luc 22:42). Il ne l'a pas dit dans la facilité, mais dans la sueur et les larmes, l'âme triste jusqu'à la mort. Deux leçons pour nous. D'abord, remettre sa volonté à Dieu peut coûter cher, et la Bible ne le cache pas. Ensuite, cette remise n'a rien d'une passivité morne : c'est l'acte le plus courageux qui soit, et c'est de lui qu'est sortie notre rédemption. Quand nous prions pour que sa volonté se fasse, nous marchons derrière un Sauveur qui l'a fait avant nous, et pour nous.

Cette semaine, prends l'un de tes projets, un choix à faire, une inquiétude, une décision qui attend, et apporte-le à Dieu sur ce modèle. Dis-lui franchement ce que tu désires, puis ajoute, sincèrement : que ta volonté se fasse, et non la mienne. Observe la paix qui naît d'un renversement si simple. Ton désir, tu ne l'abandonnes pas dans le vide ; tu le confies au meilleur des Pères. Et si la remise te coûte, souviens-toi de Gethsémané. Tu n'es pas seul à prononcer ces mots ; Celui qui les a priés avant toi marche avec toi, et son règne, lui, ne faillira pas.

Père, que ton règne vienne, dans ce monde et d'abord en moi. Là où je me suis fait roi à ta place, reprends ton trône avec douceur. Apprends-moi à déposer mes plans sous ta volonté, non par résignation mais par confiance en ta sagesse. Comme ton Fils à Gethsémané, donne-moi de dire, même quand cela me coûte : non pas ma volonté, mais la tienne. Amen.

Prière

Père, que ton règne vienne, dans ce monde et d'abord en moi. Apprends-moi à déposer mes plans sous ta volonté, non par résignation mais par confiance. Comme ton Fils à Gethsémané : non pas ma volonté, mais la tienne. Amen.