L'Esprit Éditorial
Le Chemin de la Passion vers Pâques · Semaine 3 : L'aube de la résurrection

Il n'est point ici, il est ressuscité

« Il n'est point ici; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché. »
Matthieu 28:6

Le chemin de la Passion ne s'arrête pas au tombeau, et cela change tout. Au matin du premier jour de la semaine, des femmes s'approchent d'un sépulcre le cœur lourd, chargées d'aromates, pour accomplir les gestes du deuil. Elles ne viennent pas chercher un vivant ; elles viennent honorer un mort. Et c'est à elles, les premières, qu'est confiée la nouvelle qui a traversé les siècles : Il n'est point ici; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché.(Matthieu 28:6) L'espérance chrétienne ne naît pas d'un raisonnement ni d'un rêve. Elle naît devant un tombeau ouvert.

« Il est ressuscité. » Le verbe grec, êgerthê, est un passif : littéralement, il a été relevé. C'est le Père qui relève le Fils. La résurrection n'est pas un dernier exploit de Jésus par ses propres forces ; elle est le sceau que Dieu pose sur son œuvre, l'attestation que le sacrifice de la croix a été reçu, que le « tout est accompli » disait vrai. Le matin de Pâques répond au Vendredi : la dette payée, la mort n'a plus aucun titre à retenir celui qui l'a acquittée.

« Comme il l'avait dit. » L'ange renvoie les femmes à la Parole. Jésus avait annoncé et sa mort et son relèvement, mais les disciples n'avaient pas gardé ces mots ; la douleur les avait recouverts. Que de fois la Parole nous précède ainsi, tenue en réserve pour l'heure où nous en aurons besoin. Croire, bien souvent, c'est se souvenir de ce que Dieu avait dit quand tout semble le démentir. Et voici que, devant le tombeau vide, cette Parole se montre plus solide que la mort.

« Venez, voyez le lieu où il était couché. » L'ange ne demande pas de croire à l'aveugle ; il invite à regarder, à constater la place vide. Notre foi n'est pas un vague sentiment religieux : elle repose sur un fait. Le Christ est vraiment ressuscité, corporellement, vivant. Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés.(1 Corinthiens 15:17), écrira Paul. Mais il l'est. Et parce qu'il vit, celui qui s'attache à lui ne marche plus vers la mort comme vers un mur ; il avance vers la vie comme vers une porte déjà ouverte.

Cette semaine, laissez le matin de Pâques rejoindre vos tombeaux. Il y en a peut-être un dans votre vie : un deuil, une relation morte, une part de vous enterrée sans espoir. La parole de l'ange vous vise aussi : « il est ressuscité. » Non que toute peine s'efface d'un coup ; mais rien, désormais, n'est scellé pour toujours, puisque Celui qui vit tient les clefs de la mort. Reprenez ces mots, portez-les comme une aube au creux de vos nuits, et vivez en témoin de Celui qui est sorti vivant du tombeau, une fois pour toutes.

Prière

Christ ressuscité, tu n'es pas resté au tombeau : tu es vivant, et tu tiens les clefs de la mort. Devant mes propres tombeaux, fais-moi entendre la parole de l'aube : il est ressuscité. Ancre mon espérance non dans mes forces, mais dans ta victoire. Puisque tu vis, apprends-moi à marcher vers la vie et à en témoigner. Amen.