L'Esprit Éditorial
Les « Je suis » de Jésus · Semaine 3 : Je suis le bon berger

Le berger qui donne sa vie

« Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. »
Jean 10:11

L'image du berger court déjà d'un bout à l'autre de l'Écriture. Dieu est le berger d'Israël ; David chantait L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.(Psaume 23:1) ; les prophètes reprochaient aux mauvais bergers de se nourrir eux-mêmes en laissant le troupeau à l'abandon. Quand Jésus dit Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.(Jean 10:11), il recueille toute cette attente et la porte sur lui. C'est de nouveau le egô eimi, le Nom divin : le Berger promis n'est pas un envoyé de plus, c'est Dieu venu en personne chercher ses brebis. Et il se sépare aussitôt du mercenaire qui s'enfuit à la vue du loup, car un salaire n'a jamais fait aimer personne. Lui n'a pas été payé pour nous. Il nous aime.

Le mot que la Segond rend par « bon » mérite qu'on s'y arrête. Le grec kalos ne désigne pas seulement le bon au sens moral ; il dit aussi le beau, le noble, ce qui est réellement ce qu'il prétend être. Jésus n'est pas un berger correct parmi d'autres. Il est le Berger dont tous les autres n'étaient que l'ombre. Et ce qui le prouve, ce n'est pas un beau discours ni une allure, c'est un acte : il donne sa vie pour ses brebis. On reconnaît le berger à ceci, qu'il se place entre le loup et le troupeau et qu'il ne recule pas.

Il donne sa vie pour ses brebis. Tout l'Évangile tient dans ce petit mot, pour : à la place de, en faveur de. Le berger ne perd pas la vie par accident, en défendant maladroitement son troupeau. Il la donne, librement, exprès. Jésus le précisera : Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père.(Jean 10:18) La croix n'est pas un malheur qui lui serait tombé dessus ; elle est le sommet de son amour de berger, résolu à l'avance. Il ne meurt pas pour avoir échoué à nous protéger ; il meurt parce que nous protéger, c'était justement cela. Il prend sur lui la dent du loup et la morsure de la mort, pour que les brebis vivent.

Du coup, notre assurance change de fondement. Une brebis n'est ni forte ni prévoyante ; elle s'égare vite, se défend mal, se perd pour un rien. Si notre sécurité tenait à nos qualités de brebis, nous serions perdus. Elle tient au berger. Jésus le dira : Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.(Jean 10:28) Voilà la grâce : nous ne sommes pas gardés parce que nous savons bien nous accrocher, mais parce qu'une main percée nous tient, et cette main ne lâche pas. Le salut ne dépend pas de la poigne de la brebis ; il dépend de la fidélité du berger.

Cette semaine, apprenons à reconnaître sa voix. Le bon berger appelle ses brebis par leur nom, et elles le suivent parce qu'elles connaissent sa voix. Dans le vacarme des voix qui nous tirent en tous sens, l'inquiétude, les exigences du monde, les accusations qui montent du dedans, prenons chaque jour un moment pour écouter la sienne dans sa Parole, jusqu'à la distinguer entre toutes. Et si nous nous sommes égarés, rappelons-nous : ce berger-là ne chasse pas la brebis perdue, il part la chercher, la charge sur ses épaules et rentre en se réjouissant.

Prière

Seigneur Jésus, bon Berger, tu n'as pas fui devant le loup, tu as donné ta vie pour moi. Je suis une brebis qui s'égare vite ; je te rends grâce de ne pas compter sur ma force mais sur ta main percée qui me tient. Apprends-moi à connaître ta voix au milieu du bruit, et à te suivre. Toi qui me tiens, jamais je ne périrai. Amen.