L'Esprit Éditorial
Lire Toute l'Épître aux Romains · Semaine 1 : La puissance de l'Évangile (Romains 1 à 4)

Je n'ai point honte de l'Évangile

« Car je n'ai point honte de l'Évangile: c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec. »
Romains 1:16

Ce verset ouvre l'épître comme une porte : tout ce que Paul développera ensuite tient déjà, en germe, dans cette phrase. Il écrit à des chrétiens de Rome, capitale d'un empire où l'Évangile pouvait passer pour une nouvelle bien fragile, portée par un homme qui écrit depuis la marge, souvent enchaîné. Et voilà qu'il déclare : Car je n'ai point honte de l'Évangile: c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec.(Romains 1:16). Ce n'est pas de la bravade. Il sait ce qu'est ce message. Il ne le range pas parmi les sagesses, comme une belle idée religieuse à défendre. Il le tient pour une puissance.

Le mot compte : puissance, en grec dunamis, la force efficace de Dieu à l'œuvre, celle d'où vient aussi notre mot dynamite. L'Évangile ne donne pas une information sur Dieu, il est une action de Dieu. Il ne se contente pas d'expliquer le salut, il le produit. Paul n'en rougit donc pas : ce qui sauve, ce n'est ni la force de celui qui l'annonce ni la respectabilité de celui qui l'écoute, c'est la puissance de Dieu déployée dans une bonne nouvelle. À nous qui avons parfois honte de croire, devant des contemporains qui jugent la foi naïve, ce verset redonne de l'aplomb : nous ne portons pas une opinion, nous portons une force.

Paul en marque aussitôt la portée : Car je n'ai point honte de l'Évangile: c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec.(Romains 1:16). Aucune frontière. Cette puissance ne s'arrache pas, elle se reçoit par la foi, sans les œuvres, sans l'origine, sans le mérite. Dès ces premiers chapitres, l'apôtre établira que tous, sans exception, sont enfermés sous le péché, afin que tous, sans exception, soient justifiés gratuitement par la grâce. Là bat le cœur de Romains : Christ, notre justice, offert à qui croit. Abraham lui-même, rappellera Paul, fut déclaré juste non pour ce qu'il avait fait, mais parce qu'il avait cru.

Cette semaine, en commençant cette lecture posée de Romains, ne cherche pas à tout comprendre d'emblée ; laisse la Parole te porter. Lis ces premiers chapitres en te posant une seule question : de quoi ai-je honte, et de quoi ne devrais-je pas avoir honte ? Si l'Évangile est une puissance de Dieu, je n'ai pas à le rendre acceptable, j'ai à m'y confier. Remets-lui une situation où tu te sens sans force. Ce n'est pas la qualité de ta foi qui sauve ; c'est Celui sur qui elle se pose.

Prière

Seigneur, ouvre-moi ta Parole comme on ouvre une porte. Ôte de moi la honte de croire et affermis ma confiance : ton Évangile est une puissance, non une faiblesse. Sauve-moi, non par mes œuvres, mais par ta grâce reçue dans la foi. Amen.