L'Esprit Éditorial
Sept Jours dans le Psaume 23 · Semaine 1 : Le Seigneur est mon berger

Un berger, et pas seulement une idée

« L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. »
Psaume 23:1

On récite souvent le Psaume 23 aux enterrements, à mi-voix, comme une berceuse posée sur les grands chagrins. C'est dommage. David n'a pas écrit une berceuse, il a écrit une confession de foi. Regardez son premier mot : ce n'est pas « je », c'est « l'Éternel ». Avant de parler de repos, d'eaux paisibles ou de table dressée, le psaume pose d'abord quelqu'un, le Dieu qui porte un nom, qui s'est fait connaître, et qui se penche sur une brebis appelée David. C'est de là que vient toute la paix de ce chant, et d'aucun autre endroit. Ôtez le Berger, et il ne vous reste qu'un joli paysage, mais un paysage vide.

David savait de quoi il parlait. Avant de régner, il avait gardé les troupeaux, et il avait vu de près ce que veut dire veiller sur des bêtes incapables de se défendre seules ou de retrouver l'eau et le chemin. Une brebis n'a rien d'autonome ; sa vie tient tout entière à celui qui la conduit. En se disant lui-même « brebis », David renonce à toute prétention de se sauver par ses propres forces. Il n'écrit pas « je m'en sortirai ». Il écrit « je ne manquerai de rien », et loin d'être une vanterie, c'est l'aveu d'un homme qui remet sa sécurité entière entre les mains d'un autre.

Ce Berger a un visage, et l'Évangile nous le donne à voir. Jésus le dit sans détour : Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.(Jean 10:11) Voilà ce qui sépare ce psaume des sagesses qui vendent de la sérénité : notre Berger ne se contente pas de nous guider de loin, il descend jusqu'à la croix et paie de sa propre vie pour nous ramener. Le Psaume 23 n'est donc pas une séance de relaxation. C'est le portrait de Celui qui, à la croix, a tout accompli une fois pour toutes, et qui vit aujourd'hui pour garder les siens jusqu'au dernier pas.

Le verbe hébreu rendu par « berger », ra'ah, dit moins une fonction qu'un soin : faire paître, nourrir, rester auprès. Ce n'est pas un titre qui trône au loin, c'est un labeur quotidien, courbé sur des bêtes fragiles. Quand David dit « l'Éternel est mon ra'ah », il ne pense pas à un Dieu qui gouverne de très haut, mais à un Dieu qui se salit les mains pour lui. Et ce petit mot, « mon », vaut de l'or. Croire ne se limite pas à admettre qu'il existe un Berger quelque part ; croire, c'est oser dire, à la première personne, qu'il est le mien.

Alors, avant d'entrer dans cette semaine, abandonne l'idée que ce psaume serait là pour t'apaiser les nerfs. Il est là pour te déplacer : te faire passer de tes efforts à sa fidélité, de ta performance à sa grâce. Chaque jour, nous ouvrirons un verset, du Berger qui pourvoit jusqu'à la maison où l'on habite pour toujours. Ne cherche pas d'abord ce que tu dois faire ; cherche d'abord qui il est. Le repos, la guérison intérieure, le courage au fond de la vallée, tout cela coulera de sa personne comme l'eau coule de la source.

Seigneur, tu es mon berger. Je ne veux pas te réciter comme un beau poème, mais te croire comme une Personne vivante. Apprends-moi, cette semaine, à lâcher mes efforts pour me sauver moi-même et à me laisser conduire par toi, qui as donné ta vie pour tes brebis. Amen.

Prière

Seigneur, tu es mon berger. Je ne veux pas te réciter comme un beau poème, mais te croire comme une Personne vivante. Apprends-moi, cette semaine, à lâcher mes efforts pour me sauver moi-même et à me laisser conduire par toi, qui as donné ta vie pour tes brebis. Amen.