L'Esprit Éditorial
Servir selon ses dons dans l'Église · Semaine 2 : Tout don vient d'ailleurs

Qu'as-tu que tu n'aies reçu ?

« Car qui est-ce qui te distingue? Qu'as-tu que tu n'aies reçu? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu? »
1 Corinthiens 4:7

Paul pose coup sur coup des questions qui retirent le sol sous les pieds de l'orgueil. Qui te distingue ? Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et pourquoi te glorifier ? Il écrivait à des chrétiens qui s'attachaient à des chefs, se rangeaient en clans, comparaient leurs dons comme on compare des trophées. Sa réponse tombe comme un scalpel : tout ce que tu possèdes, tu l'as reçu. Ton intelligence, ta sensibilité, ta parole, ta capacité d'aider, la foi elle-même, rien n'est monté de toi. Tout est descendu d'en haut.

Cette vérité coupe deux racines à la fois. L'orgueil d'abord : comment me glorifier d'un don, comme s'il venait de mon mérite, quand il m'a été confié ? Le découragement ensuite, plus discret et tout aussi trompeur. Si je me lamente de n'être pas assez pour servir, je raisonne toujours comme si le service dépendait de mes propres ressources. Il ne dépend pas de moi. Il dépend de Celui qui donne. Le petit et le grand se retrouvent ici à égalité, tous deux les mains ouvertes de celui qui a reçu.

C'est le mouvement de la grâce, cette charis que Paul ne cesse de chanter : la faveur imméritée. Un don ne se mérite pas, il s'accueille ; et une fois accueilli, on ne le brandit pas, on le fait fructifier. Jésus l'avait dit à ses disciples sans détour : Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.(Matthieu 10:8). Toute une vie de service tient dans cette phrase. Ce qui est entré par grâce ne peut ressortir que par grâce. Le serviteur qui l'oublie devient dur et comptable ; celui qui s'en souvient garde le cœur léger et reconnaissant.

Cette semaine, chaque fois que tu exerceras un don, dans l'Église, au foyer, au travail, fais précéder ton geste d'un merci silencieux. Que ton cœur ne dise pas « regardez ce que je sais faire », mais « Seigneur, merci de ce que tu m'as prêté ». Et si tu te crois inutile, retourne-toi vers la question de Paul : qu'as-tu reçu ? Tu découvriras plus que tu ne pensais. La reconnaissance est le sol où le service devient joyeux, puisqu'elle nous ramène sans cesse au Donateur plutôt qu'au don.

Prière

Seigneur, tout ce que je suis, tout ce que j'ai, je le tiens de toi. Garde-moi de l'orgueil, garde-moi aussi du découragement. Que je serve les mains ouvertes, dans la reconnaissance, sans jamais oublier d'où vient le don. Amen.