L'Esprit Éditorial
Servir selon ses dons dans l'Église · Semaine 3 : À la suite de Celui qui sert

Non pour être servi, mais pour servir

« Car le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »
Marc 10:45

Jésus prononce cette phrase juste après que deux de ses disciples lui ont réclamé les meilleures places. Ils rêvaient de grandeur, d'honneur, d'être servis ; lui, sans hausser le ton, retourne toute l'échelle. Dans son Royaume, la grandeur ne va pas à celui qu'on entoure, mais à celui qui se penche. Le mot qu'il choisit pour « servir », diakoneô, a donné notre mot diacre. Il désigne le service très concret : celui qui passe à table, qui apporte, qui s'occupe des besoins réels. Rien de prestigieux là-dedans, et pourtant rien de plus nécessaire.

Ce verset n'est pas d'abord une leçon de morale ; il révèle qui est Dieu. Ce serviteur, c'est le Fils de l'homme, celui par qui tout a été fait. Le voici qui s'approche des siens jusqu'à Car le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.(Marc 10:45). Le mot rançon, lutron, désigne le prix versé pour racheter un esclave et lui rendre la liberté. On touche là le sommet du service. Ce n'est plus un simple geste aimable, c'est le don total à la croix, où Christ a tout accompli pour nous racheter. Servir, pour le chrétien, ne revient jamais à imiter un principe ; c'est marcher derrière quelqu'un qui, le premier, s'est donné pour nous.

Cela garde notre service de deux pièges opposés. Il y a l'ambition déguisée, qui sert pour être vu, pour la reconnaissance, pour peser dans la communauté. Et il y a le service sec, accompli par devoir, vidé d'amour. Paul l'a dit avec gravité : quand je donnerais tout mon bien, s'il me manque l'amour, cela ne me sert de rien. Un don exercé sans agapè, cet amour qui se donne sans rien attendre, n'édifie personne. Devant Dieu, ce n'est pas la quantité de notre service qui pèse, c'est l'amour qui le porte.

L'appel, lui, reste simple et exigeant : sers quelqu'un cette semaine comme Jésus le ferait, sans que cela se sache, sans rien attendre en retour. Un acte concret et humble, tourné vers un besoin réel de ton frère ou de ta sœur. Tu ne le feras pas pour gagner l'amour de Dieu, tu l'as déjà reçu, gratuitement, à la croix. Tu le feras parce que tu l'as reçu. Et tu verras que celui qui sert à la suite du Serviteur ne s'appauvrit pas ; il entre, jour après jour, dans la joie de son Maître.

Prière

Seigneur Jésus, toi qui es venu non pour être servi mais pour servir jusqu'à la croix, apprends-moi à me pencher. Ôte de moi l'ambition et la sécheresse. Que je serve dans l'amour, à ta suite, pour le bien des tiens. Amen.