Demeurez fermes
« C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. »
Paul écrit à des chrétiens qui avaient goûté la grâce, puis s'étaient laissé ramener, tout doucement, vers un système de règles à observer pour se sentir en règle avec Dieu. Pour qui sort d'une habitude qui enchaîne, le danger n'est pas seulement la rechute. C'est aussi de troquer une servitude contre une autre : on quitte l'esclavage du péché et l'on tombe dans celui de la performance spirituelle, à compter ses jours de victoire comme on comptait naguère ses défaites, toujours suspendu à sa propre tenue. L'apôtre nous prévient : ce n'est pas pour cela que Christ nous a libérés.
Le mot liberté, en grec eleutheria, revient comme un refrain dans cette lettre, et il ne désigne jamais le droit de faire n'importe quoi. C'est la liberté des fils, pas celle des esclaves : liberté d'aimer, de servir, de vivre devant Dieu sans la terreur du jugement, parce que le jugement est déjà tombé sur Christ. C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.(Galates 5:1)
ne signifie donc pas serrez les dents davantage. Cela veut dire : ne quittez pas le terrain de la grâce, ne vous laissez pas reprendre par la logique du mérite. Tenir debout, ici, c'est tenir dans ce que Christ a fait, non dans ce que nous produisons.
Jésus l'avait enseigné par une image toute simple : Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.(Matthieu 11:30)
. Le monde propose des méthodes de délivrance qui pèsent lourd, parce qu'elles reposent toujours sur nos épaules. La liberté que Christ donne repose sur les siennes. Voilà pourquoi elle dure : elle ne tient pas à la constance de notre volonté mais à la fidélité de son amour. La grâce n'est pas la permission d'en faire moins ; elle est un autre sol sous nos pieds, un sol qui ne se dérobe pas les jours où nous chutons encore.
Alors, au terme de ce parcours, ne mesure pas ta liberté à un compteur de réussites. Mesure-la à Celui en qui tu te tiens. Cette semaine, chaque matin, avant même de penser à ta lutte, redis-toi que tu es affranchi et aimé, non parce que tu as bien tenu hier, mais parce que Christ a tout accompli. Puis marche, simplement, un jour après l'autre, si Dieu le veut. La liberté qui vient de lui ne se crispe pas, elle se confie. Et celui qui se confie dans la grâce tient debout bien plus longtemps que celui qui s'appuie sur ses propres forces.
Père, garde-moi de troquer ma chaîne contre le joug de ma propre performance. Tiens-moi debout dans ta grâce, non dans ma force. Que je vive en fils libre et aimé, aujourd'hui et demain, si tu le veux. Au nom de Jésus, amen.