Ne pas se lasser du bien
« Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. »
Septembre s'est installé. L'élan de la rentrée est retombé, les emplois du temps ont retrouvé leur pesanteur, et le bien qu'on avait décidé de faire commence à coûter. C'est là, exactement, que Paul écrit aux Galates. Il ne parle pas à des débutants pleins de zèle, mais à des croyants qui pourraient se relâcher sur la durée. Le verbe grec rendu par se lasser, enkakéô, dit plus que la fatigue du corps: il désigne le découragement du cœur, cette envie de baisser les bras faute de voir encore les fruits. La Parole vient nous rejoindre juste là, au point où nous fléchissons.
Paul ne réclame pas de grandes choses. Il demande de ne pas lâcher le bien déjà commencé. La fidélité chrétienne n'est pas un feu de paille, c'est une braise qu'on entretient. Le monde applaudit les départs spectaculaires; l'Écriture honore la constance discrète, celle du parent qui prie encore, du frère qui pardonne encore, de la main qui donne encore quand personne ne regarde. Ce bien-là semble petit sur le moment. Mais Dieu ne le mesure pas à notre échelle, et rien de ce qui est semé pour lui ne se perd.
Le verset promet une moisson, et il en fixe l'heure: Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas.(Galates 6:9)
Le grec dit kairos, non pas le temps qui s'écoule mécaniquement, mais le moment choisi, l'heure que Dieu tient dans sa main. Voilà qui délivre notre persévérance de l'obsession du résultat immédiat. Nous semons; le calendrier de la récolte ne nous appartient pas. Ce verset n'offre pas une méthode de réussite. Il appelle à la confiance filiale: le Père qui a promis la moisson est fidèle, et il ne se moque pas de la peine des siens.
Et si nous nous lassons quand même? Levons les yeux vers Celui qui, lui, ne s'est jamais relâché. Christ a fait le bien jusqu'au bout, jusqu'à la croix, sans se décourager de nous. Notre persévérance ne fonde pas notre salut; elle en découle, portée par sa grâce. Cette semaine, ne cherche pas l'exploit. Reprends simplement le petit bien que tu étais tenté d'abandonner: un geste, un mot, une prière. Refais-le, en t'appuyant sur Celui qui achève ce qu'il commence plutôt que sur tes propres forces.
Une braise n'a pas besoin d'un grand feu pour passer la nuit. Il suffit qu'on ne l'éteigne pas, et ton petit bien d'aujourd'hui suffit à la garder rouge.
Seigneur, tu connais ma fatigue et ma tentation de me relâcher. Garde mon cœur du découragement, et rappelle-moi que l'heure de la moisson est dans ta main. Par ta grâce, donne-moi de refaire aujourd'hui le petit bien que j'allais laisser tomber. Amen.