
Croissance — 8 min de lecture
Courir Longtemps, les Yeux sur Jésus
29 juin 2026
Photographie abstraite et minimaliste d'un épi de blé sec aux tons dorés sur fond crème
« ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix. »
La vie chrétienne ressemble moins à un sprint qu’à une longue course de fond. Beaucoup partent en trombe, portés par l’enthousiasme des débuts, et s’essoufflent au bout de quelques années, quand la nouveauté s’use et que les côtes s’allongent. La maturité, elle, n’est pas dans la vitesse du départ, mais dans la capacité de tenir la distance, saison après saison, sans abandonner. L’auteur de l’épître aux Hébreux le sait, qui emprunte l’image du stade pour encourager des croyants fatigués.
Il écrit une phrase qui tient tout entière dans le mouvement du coureur. ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix.(Hébreux 12:1-2)
Trois gestes s’y enchaînent : se dépouiller, courir, et fixer le regard. Chacun compte pour tenir jusqu’au bout. Aucun coureur de fond ne s’élance chargé ; aucun n’arrive s’il ne garde pas les yeux sur le but. La course de la foi obéit aux mêmes lois.
Premier geste : rejetons tout fardeau. Le texte distingue deux choses. Il y a le péché, qui nous enveloppe et nous fait trébucher, et qu’il faut évidemment déposer. Mais il y a aussi, plus subtil, le simple fardeau : des poids qui ne sont pas des fautes, des occupations, des attachements, des soucis légitimes, mais qui alourdissent la course. Le coureur mûr apprend à se dépouiller même de ce qui n’est pas mauvais, quand cela l’empêche d’avancer léger.
Deuxième geste, le cœur de tout : ayant les regards sur Jésus. Le verbe grec est expressif ; il signifie regarder en détournant les yeux de tout le reste. On ne peut fixer un point qu’en cessant d’en fixer d’autres. Or c’est là que tant de coureurs se perdent : ils regardent leurs propres jambes, se demandant sans cesse s’ils tiennent le rythme, ou bien ils regardent les autres coureurs, pour se comparer, s’enorgueillir ou se décourager. La course tient à un seul regard : celui qu’on garde sur Jésus.
Et pourquoi lui ? Parce qu’il est le chef et le consommateur de la foi : celui qui l’a ouverte devant nous et celui qui l’a menée jusqu’au bout. Il a couru avant nous la course la plus dure, jusqu’à la croix, et il l’a achevée. Notre persévérance ne s’appuie donc pas sur nos réserves d’énergie, mais sur sa victoire à lui, déjà remportée. On ne court pas vers une ligne d’arrivée incertaine ; on court derrière quelqu’un qui l’a déjà franchie et nous y attend.
Cela change tout au sens de l’effort. Nous ne courons pas pour être sauvés, comme si la ligne d’arrivée décidait de notre sort. Nous courons parce que nous sommes déjà sauvés, portés par Celui que nous fixons. La persévérance chrétienne n’est pas une performance d’athlète serrant les dents pour arracher un titre. C’est la fidélité tranquille de qui garde les yeux sur son Sauveur, et découvre que la force lui vient de ce regard même, non de sa propre volonté.
Concrètement, cette semaine, faites deux choses. D’abord, identifiez un fardeau à poser : une occupation qui vous dévore, un souci que vous ruminez sans le remettre à Dieu, une comparaison qui vous mine. Déposez-le, comme un coureur ôte un vêtement de trop. Ensuite, réorientez le regard chaque matin par une phrase toute simple sur Christ, avant même de penser à vos jambes fatiguées ou aux autres qui semblent courir plus vite. La course est longue, oui. Mais elle se gagne un regard à la fois, les yeux fixés sur Celui qui l’a déjà achevée pour nous.
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